L’abjection en sexualité : c’est quoi ?

Lu le mois dernier, à méditer :

« L’abjection, donc, est le point essentiel qu’il nous faut aborder lorsqu’il est question de savoir ce que veut dire pour nous se prendre une bite dans le cul et se faire jouir dans la bouche. Nous devons reconnaître l’existence du plaisir que nous pouvons prendre à être plus bas que terre, à être vils, hors-la-loi, à trahir à la fois nos propres valeurs et celles de ceux qui nous entourent. Et nous devons le faire sans nous juger, sans nous reprocher les faiblesses de notre moi au prétexte que nous souffririons d’un manque d’estime de soi, ou d’une autre forme de déficience psychologique distinctive. Seule une interprétation de l’abjection qui dépasse le paradoxe de l’intentionnalité et refuse de faire de la motivation queer une capacité d’agir hypercognitive et rationnelle ou, inversement, une compulsion irrationnelle, incompréhensible et incontrôlable, permettra de comprendre pleinement ce pouvoir d’attraction antisocial et transgressif qu’exercent les risques sexuels – ce pouvoir d’attraction censé s’exercer de façon monstrueuse sur les gays. »

Halperin, David. (2011). Que veulent les gays ? Essai sur le sexe, le risque et la subjectivité. Paris : Éditions Amsterdam, p.72

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