Enquête britannique – Dépistage VIH dans les lieux de sociabilité gaie : est-ce approprié ?

[Pour l’association Warning, 4 mai 2007 : http://www.thewarning.info/spip.php?article223]

Selon une étude britannique publiée en ligne le 17 janvier 2007 sur le fanzine « Sexually Transmitted Infections » [1], les homos et les propriétaires de lieux gais seraient inquiets à propos des conditions du dépistage rapide VIH dans des endroits tels que les bars, les clubs ou les saunas : confidentialité, pertinence du lieu, modalités de soutien, impact sur le lieu.

On estime qu’au moins un tiers des personnes séropositives au Royaume-Uni ne se savent pas infectées. Les études s’intéressant à la prévalence du VIH parmi les hommes gais ont montré que plus de 40% des séropositifs quittent les services de santé sexuelle avec leur infection non diagnostiquée. Aux Etats-Unis, le dépistage rapide du VIH par les tests oraux dans les lieux gais a montré que cela était une méthode bien reçue améliorant le dépistage. Comme on ne connaît pas le degré d’acceptabilité qu’une telle approche de dépistage aurait au Royaume-Uni, des chercheurs ont mené une enquête qualitative à partir d’un large échantillon d’hommes gais et de propriétaires de lieux de sociabilité gaie.

La confidentialité des individus est apparue primordiale. Les répondants ont expliqué qu’être vu en train de faire un test VIH pourrait être stigmatisant car perçu comme la preuve d’une conduite sexuelle à risque.Ils sont aussi soucieux du fait que ceux testés (séro)positifs pourraient vivre cette annonce de manière anodine s’ils sont dans un état trop « décontracté » et donc ne pas se trouver dans le bon « état d’esprit » pour supporter les conséquences potentielles d’un test aux implications si sérieuses. Et puis la nature « divertissante » de tels lieux leur semble en inéquation avec des enjeux de santé aussi graves.On a aussi relevé des craintes sur l’hygiène dans les lieux de sexualité récréative, qui ne correspondrait pas aux standards exigés pour des tests VIH.Certains participants ont des appréhensions quant à la réception du résultat du test VIH qui pourrait conduire à un comportement inadapté, avec des hommes testés négatifs qui chercheraient à sérochoisir tandis que ceux testés positifs pourraient être tentés par des comportements d’autodestruction.Les propriétaires semblent soucieux du fait qu’offrir des dépistages VIH pourrait dissuader de potentiels clients.

« Cette étude a identifié plusieurs barrières conséquentes à l’établissement d’un service de dépistage rapide VIH dans des lieux tels que les bars, les clubs ou les saunas », concluent les enquêteurs. Ils recommandent que « les futures études pilotes sur les tests rapides VIH pour les hommes gais dans leurs lieux de sociabilité devraient se constituer à partir des constatations de la recherche qualitative afin de développer des modèles de prestation de services appropriés. »

Traduction libre d’après Michael Carter (HIV testing in gay social venues is viewed as inappropriate, Aidsmap, le 22/01/2007).

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Référence :

Prost, A. et al. ” ;There is such a thing as asking for trouble” ; : Taking rapid HIV testing to gay venues is fraught with challenges. Sexually Transmitted Infections (online edition) : January 17th, 2007.

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