XVIe Conférence Internationale sur le Sida : prises de risques et contextes de prévention

[Pour l’association Warning, 25 septembre 2006 : http://www.thewarning.info/spip.php?article189]

L’Internet sort des contextes classiques de prévention : est-ce plus efficace ?

Selon une étude australienne (« Being positive about staying negative ; the power of first person narrative in HIV prevention »), « les gais détermineraient leurs pratiques et évalueraient leurs prises de risques indépendamment des contextes de prévention dans lesquels ils évoluent. Si les nouveautés en matière de prévention ajoutent de nouveaux secteurs de connaissances et d’interventions, il semble qu’elles aient peu d’impact sur les pratiques sexuelles elles-mêmes… » Est-ce à dire que la prévention classique ne sert (plus) à rien ? Loin d’abandonner tous programmes de prévention institutionnels, cela nous indique qu’il faut en tout cas les repenser au moins pour une partie des individus concernés, et aussi les élargir de manière plus systématique à des questions socioculturelles, économiques, anthropologiques et psychologiques. De ce point de vue, les approches en santé gaie sont prometteuses, et l’outil Internet potentiellement efficace car réactif, peu contraignant en terme de format et de quantité d’informations que l’on peut fournir.

D’ailleurs, les néerlandais utilisent déjà beaucoup l’Internet dans leurs nouveaux outils de prévention, et abordent des sujets aussi classiques que le VIH et les IST, mais aussi l’homophobie, le racisme, la pauvreté, le bien-être, l’amour et la solidarité. Cela sous forme de petites vidéo interactives qui mettent en scène des personnages dans des situations quotidiennes concrètes, à partir desquelles l’internaute s’instruit par le biais de questionnaire type « dans cette situation, vous feriez ceci ou cela ? » C’est parfois kitsch à souhait, mais c’est plutôt divertissant, non-culpabilisant et très bien suivi par les internautes concernés (voir par exemple le site web « gay cruise »).

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