XVIe Conférence Internationale sur le Sida : où en est-on avec le serosorting ? Le serosorting n’existe pas en France ?

[Pour l’association Warning, 25 septembre 2006 : http://www.thewarning.info/spip.php?article188]

Deux recherches ont été présentées sur le serosorting, patate chaude des associations sida française. La première par le Center for Aids Prevention Studies (Université de Californie à San Fransisco) et l’autre par le professeur Jonathan Elford de la City University of London, en lien avec l’Internet. Ce dernier s’est basé sur 22 études (américaines, britanniques, néerlandaises et suédoises).

Tout d’abord faut-il préciser, que le serosorting regroupe deux types de pratiques :

– Les pratiques qui consistent à choisir le partenaire sexuel en fonction de son statut sérologique (ce que nous qualifions chez Warning de « sérochoix ») : on baise entre séropos ou entre séronegs.

– L’adaptation des pratiques sexuelles en fonction du statut sérologique de son partenaire (ce que nous qualifions chez Warning de « séroadaptation ») : on applique diverses pratiques de réduction des risques en fonction du statut sérologique du partenaire [1].

Pour les deux intervenants, qui définissent de la même façon que nous le serosorting, le serosorting peut présenter une façon de prévenir la transmission du VIH. Cependant, cela accroît le risque de contracter une autre IST. Aussi, il n’est efficace qu’à condition que les partenaires soient sûrs de leur statuts sérologiques respectifs et fassent régulièrement des tests IST. Il ne faut pas oublier aussi le risque, dans certaines situations, de la surcontamination VIH. Enfin, il pourrait potentiellement changer les comportements sexuels, à l’origine complètement sûrs, de certains individus ; mais attention, cette dernière remarque est plus spéculative que scientifique car les statistiques montrent plutôt que les prises de risque stagnent ou diminuent selon les pays et les villes, alors que le serosorting a dans le même temps augmenté pour ensuite se stabiliser.

De toute façon, il est encore difficile d’apprécier l’impact réel du serosorting car les études manquent de recul temporel et ne prennent pas en compte la différence entre sérochoix et séroadaptation. Il s’agit en tout cas d’une réalité, à l’œuvre par exemple sur l’Internet, qu’on ne peut pas nier ou stigmatiser, et à laquelle il convient de s’adapter pour ce qui concerne les politiques de prévention.

[1] Note du claviste : définitions de Jean-Yves Le Talec et Warning, non brevetées, disponibles en open source of course.

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